-       Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Sébastien Bodet. J’ai 29 ans et habite à Paris. Je suis un ancien sportif haut niveau spécialité natation courses (spécialiste du 100 dos, 100 et 200nl). Je suis désormais ostéopathe D.O. en libéral.

J’ai fait mes études au collège Nicolas Robert de Vernouillet. Après l’obtention de mon brevet des collèges, je suis parti en section « sport-études » à Rouen où j’ai intégré le club des Vikings de Rouen. J’y suis resté 6 ans : 3 ans au lycée général de Grand-Quevilly dans lequel j’ai obtenu un baccalauréat scientifique puis 3 ans d’études universitaires à l’université de Rouen dans laquelle j’ai obtenu une licence STAPS mention « entraînement ».

Après quoi, je suis parti sur Paris. J’ai intégré le Racing Club de France. Parallèlement à la natation, j’ai obtenu mon BEESAN à l’INSEP ainsi qu’un master professionnel mention Sciences du Sport spécialité entraînement « biologie, nutrition, santé » à l’université de Paris Descartes. Puis j’ai décidé de partir aux USA (Michigan University) pour effectuer ma préparation olympique pour les JO de Londres 2012. Enfin, je suis rentré sur Paris et ai repris mon cursus en école d’ostéopathie (cursus de 5 années à l’Institut Privé d’Enseignement Ostéopathique de Pantin) dans laquelle j’ai été diplômé en 2014.

J’ai participé à de nombreuses compétitions internationales et notamment aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008.

Voici mon palmarès sportif :

§  2001 à 2009 : athlète de haut niveau spécialité « natation course » et membre de l’équipe de France de natation

§  2008 : participation aux Jeux olympiques de Pékin sur 4x200nl

§  2008 : participation aux championnats d’Europe sur 200nl

§  2005 et 2009 : champion du Monde universitaire au titre du relais 4x100nl

§  2009 : recordman de France sur 4x200nl

§  2008 : vice-champion de France sur 200nl

§  2005 : champion de France sur 50 dos

§  2002 et 2003 : champion d’Europe juniors sur 4x100nl

 

-       Peux-tu nous donner ton expérience sur les JO de Pékin ?

Les JO de Pékin étaient pour moi un rêve devenu réalité. En effet, depuis tout petit déjà, je voulais faire les Jeux Olympiques. Je ne pensais qu’à ça à l’entraînement et aux compétitions. Au cours de ces 3 semaines, j’en ai pris plein les yeux : de la cérémonie d’ouverture, en passant par la compétition à la cérémonie de clôture. La vie sur le village olympique est particulière car il n’y a que des athlètes. C’est un RDV unique pour un sportif car cette compétition a lieu uniquement tous les 4 ans et c’est LA compétition de référence internationale quasi tous sports confondus. Tous viennent des quatre coins du globe se confronter dans leur discipline respective. Lors des JO, on peut être très vite tenté de s’écarter de notre objectif car le village regorge de tentations 24h/24: magasins, jeux, McDonald’s à volonté, etc. Il faut donc être acteur et non spectateur de l’évènement. Vous pouvez croiser un joueur de NBA, Nelson Montfort, Roger Federer, etc.

Concernant la compétition en elle-même, c’est très bien organisé. Les moyens déployés sont considérables. Tout est fait pour que le sportif soit dans les meilleures conditions possibles pour performer. Là-bas, il règne un sentiment d’invincibilité. Avec mon équipe (Clément Lefert, Matthieu Madeleine, Amaury Leveaux et moi-même) et malgré un record de France battu, nous avons terminé à la dixième place. Ce fut avec ma course de qualification aux championnats de France N1 qualificatifs aux JO les deux plus belles courses et plus beaux souvenirs de ma carrière de sportif.

 

-       Quelle est la vie d’un sportif de haut niveau ?

La vie d’un sportif de haut niveau est belle et difficile en même temps. Vivre une vie de sportif de haut niveau est une expérience de vie incroyable qui fait grandir énormément et qui t’apprend physiquement à te surpasser et psychologiquement à t’endurcir. Tu mènes une vie extraordinaire lorsque tu voyages à l’autre bout du monde pour faire un stage ou participer à une compétition, que tu gagnes des titres ou montes sur des podiums internationaux, que tu entends la Marseillaise, que tu représentes ton pays, etc. Mais c’est aussi une vie qui a ses contraintes. Socialement, la natation fait que tu passes plus de temps avec ton groupe d’entraînement qu’avec tes amis, ta famille, etc. Dans l’eau tu ne peux pas parler. Il faut savoir être un peu solitaire pour vivre cette vie. La natation étant un sport amateur, tu ne vis pas bien de ton sport. En fait, mis à part être champion olympique, tu ne peux pas en vivre du tout. La vie d’un sportif de haut niveau est une vie de sacrifices qui s’oublient et s’effacent lorsque tu as la médaille que tu veux autour du cou.

Concrètement, la vie quotidienne d’un sportif de haut niveau, c’est se lever à 5h, nager de 6h à 8h le matin, aller en cours de 8h30 à 13h30, rentrer déjeuner, faire une sieste d’1h et retourner s’entraîner 1h en musculation ou en préparation physique puis nager 1h30/2h derrière. Tu manges, tu nages (beaucoup), tu étudies, tu dors. Pendant les vacances scolaires, tu pars en stage en France ou à l’étranger. Tu apprécies les moments de repos en fin de saison ou les courts weekends en familles. Mais surtout, tu tiens ce rythme-là uniquement si tu as toujours ton objectif en tête et bien sur des résultats à la hauteur de ton objectif. La vie d’un sportif de haut niveau est dure physiquement et mentalement mais tellement enrichissante à tout point de vue que pour rien au monde je ne regrette d’avoir choisi cette vie-là !

 

-       Quelles sont les qualités requises pour arriver à ce niveau ?

Les qualités requises à ce niveau sont nombreuses. Avoir envie, être toujours passionné et se faire plaisir sont à mon avis essentielles. Ensuite, je dirais qu’il y a une part énorme de travail à accomplir. Enfin, il y a probablement une part de prédispositions génétiques, physiques et psychologiques et je dirais aussi un peu de talent mais aussi de chance (j’ai réalisé les minimas pour les JO au dixième prêt). Pour arriver à ce niveau, il faut être déterminé et n’avoir qu’un objectif en tête, travailler toujours plus et surtout prendre énormément de plaisir à le faire.

 

-       Quels sont les bienfaits de la natation ?

Les bienfaits de la natation sont nombreux.

C’est un sport non traumatique pour les articulations. Dans l’eau, il n’y a aucun impact sur les articulations et sur le dos ; ce qui fait que ce sport peut être pratiqué par tous et à tous les âges de la vie. La natation apaise les douleurs liées à l’arthrite et à l’arthrose tout en renforçant les articulations et les os.

Ensuite, la natation permet de tonifier tous ses muscles et sans douleur avec l’effet d’apesanteur. En plus de faire appel à l’ensemble des muscles du corps, la natation sollicite l’appareil respiratoire et les capacités cardio-vasculaires. Il s’agit de l’une des activités physiques les plus efficaces pour améliorer le retour veineux. La natation permet ainsi de limiter les risques de maladies cardiovasculaires puisque, tant au repos qu’à l’effort, le travail du cœur est facilité.

Lorsque l’on nage, les tensions et le stress s’évaporent laissant place à un sentiment de bien-être. En plus du contexte relaxant dans lequel elle est pratiquée, la natation, comme l’ensemble des sports, provoque la sécrétion d’endorphines. Ces hormones agissent sur le cerveau, la moelle épinière et le système digestif afin d’amener la personne dans un état de béatitude. Les résultats d’une étude concluent que la natation diminue les tensions, les excès de colère, les risques de dépression, la confusion tout en redonnant de la vigueur aux personnes qui s’y adonnent.

-       Où as-tu commencé la natation ? Que peux-tu nous dire sur ce club ?

J’ai débuté la natation au Club Omnisports de Vernouillet à l’âge de 6 ou 7 ans. C’est ici que tout a commencé. J’ai été formé successivement par Michel Roche, puis Jean-Michel Leret et enfin par Denis Lelong.

J’y suis resté jusqu’à mes 14/15 ans. J’en garde de très bons souvenirs : les entraînements, les stages, les compétitions, l’ambiance, l’esprit de groupe, les copains et copines nageurs.

Sans avoir évolué au COV natation, je n’aurais pas été là où ma carrière m’a mené alors je ne peux en être que reconnaissant. Il ne faut pas oublier une chose essentielle : les champions de demain naissent avant tout dans les clubs… et pas nécessairement dans les plus grands…